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Maladies de l'épagneul breton : ce qu'il faut surveiller

Épillets, piroplasmose, hanches et oreilles : les fragilités de l'épagneul breton et les signaux qui doivent alerter.

Publié le

L’épagneul breton est la race la plus répandue en France, et l’une des plus saines de ce site. Sélectionnée sur le travail, elle ne présente aucune déformation morphologique et vit 12 à 15 ans.

Ses risques réels ne sont donc pas héréditaires. Ils sont liés à ce qu’il fait : courir dans les herbes hautes, les ronces et les sous-bois.

Les épillets, le risque saisonnier majeur

C’est la particularité des chiens d’arrêt, et elle mérite d’être comprise pour être anticipée.

Un épillet est la graine barbue de certaines graminées, en forme de harpon. Elle s’accroche au poil, traverse la peau et migre à l’intérieur du corps sans jamais reculer. Sa forme le lui interdit.

Quatre localisations reviennent constamment, de mai à septembre :

  • Entre deux doigts : le chien boite soudainement et lèche la zone avec acharnement.
  • Dans une oreille : il secoue violemment la tête, d’un seul côté.
  • Dans le nez : des éternuements en salve, violents et répétés.
  • Sous une paupière : un œil brutalement fermé et larmoyant.

Aucune de ces situations ne se résout seule, et aucune ne doit attendre. Un épillet retiré le jour même coûte 150 à 250 €. Le même épillet migré sous la peau ou dans une oreille moyenne demande une chirurgie à 600 à 1 200 €. Voir le guide du corps étranger.

La prévention tient en un geste : inspecter le chien après chaque sortie, pattes, oreilles, aisselles, aines et pourtour des yeux. Trois minutes, et c’est la mesure la plus rentable de la saison.

Les tiques

Un chien qui travaille en zone boisée croise des tiques toute l’année, et les maladies qu’elles transmettent sont sérieuses.

La piroplasmose est la plus redoutée. Le parasite détruit les globules rouges, et le tableau est caractéristique : urines très foncées, abattement brutal, fièvre, quelques jours après une sortie. C’est une urgence, et l’issue dépend du délai de prise en charge.

L’ehrlichiose et la maladie de Lyme donnent des tableaux plus insidieux, avec fièvre, boiteries changeantes et abattement.

Trois mesures, dans l’ordre d’efficacité : une protection antiparasitaire continue, sans trou entre deux traitements ; un retrait des tiques dans les 24 heures, délai qui conditionne la transmission ; et la vaccination contre la piroplasmose, à discuter avec le vétérinaire si vous chassez en zone à risque. Voir le guide des maladies courantes.

Les oreilles

Les oreilles tombantes de l’épagneul breton ferment le conduit auditif et retiennent l’humidité, ce qui entretient les otites externes chroniques.

Nettoyage hebdomadaire et séchage soigneux après chaque baignade, comme chez le cocker. La différence est qu’un breton se baigne souvent, et qu’il ramène régulièrement autre chose dans l’oreille qu’un peu d’eau.

Les articulations et le terrain

La dysplasie de la hanche existe dans la race à un niveau modéré. Dépistage des reproducteurs et dosage de l’exercice pendant la croissance restent pertinents.

Les blessures de chasse constituent le poste accidentel : plaies par barbelé, coupures, piqûres d’épines profondes, entorses, et plus rarement blessures de sanglier. Une plaie même minime après une sortie mérite un examen : ce qui paraît superficiel peut avoir introduit un corps étranger en profondeur.

Les prédispositions héréditaires

Elles existent, mais elles sont peu nombreuses.

L’épilepsie essentielle se déclare entre 1 et 5 ans et justifie une consultation dès la première crise. L’atrophie rétinienne progressive évolue lentement vers la cécité. Le déficit héréditaire en complément C3, rare mais documenté dans la race, se traduit par des infections graves et répétées chez le jeune chien.

Assurance épagneul breton : ce que ces fragilités impliquent

L’épagneul breton pose une question que les autres races de ce site ne posent pas, et elle est décisive.

Les accidents survenus pendant la chasse sont-ils couverts ?

Plusieurs contrats excluent ou limitent les blessures liées à l’activité cynégétique, au même titre que la compétition sportive. Sur une race dont le risque principal est précisément celui-là, une telle clause vide la garantie de son intérêt. C’est le premier point à faire confirmer par écrit.

Deux points complémentaires :

  1. La prise en charge des urgences de nuit et de week-end, majorées, alors que les sorties ont lieu le samedi et le dimanche.
  2. L’absence de plafond par acte trop bas, une série d’incidents saisonniers pouvant se cumuler sur une même année.

Les points de fragilité du épagneul breton

Peau et oreilles

  • Migration d'épillet

    Sérieuse

    Apparition typique : à tout âge, de mai à septembre · prise en charge 150 à 1 200 €

Maladies transmises par les tiques

  • Piroplasmose

    Critique

    Apparition typique : à tout âge · prise en charge 300 à 1 500 €

  • Ehrlichiose et maladie de Lyme

    Sérieuse

    Apparition typique : à tout âge · prise en charge 250 à 900 €

Oreilles

  • Otite externe chronique

    Sérieuse

    Apparition typique : dès 1 an · prise en charge 150 à 600 €

Squelette et articulations

  • Dysplasie de la hanche

    Sérieuse

    Apparition typique : 6 à 18 mois · prise en charge 1 400 à 3 000 €

Traumatologie

  • Blessure de chasse

    Critique

    Apparition typique : à tout âge · prise en charge 300 à 2 500 €

Système nerveux

  • Épilepsie essentielle

    Sérieuse

    Apparition typique : 1 à 5 ans · prise en charge 400 à 1 200 €

Yeux

  • Atrophie rétinienne progressive

    Sérieuse

    Apparition typique : 3 à 7 ans · prise en charge 200 à 600 €

Immunité

  • Déficit héréditaire en complément C3

    Critique

    Apparition typique : avant 2 ans · prise en charge 500 à 2 000 €

Peau

  • Lupus discoïde

    À surveiller

    Apparition typique : 2 à 8 ans · prise en charge 250 à 800 €

Ce qu'il faut surveiller, âge par âge

  1. Chiot, 2 à 12 mois

    • Mettre en place une protection antiparasitaire externe continue, sans interruption entre deux traitements.
    • Nettoyer et sécher les oreilles chaque semaine.
    • Doser l'exercice pendant la croissance, le risque de dysplasie se joue là.
    • Souscrire une assurance immédiatement, le risque accidentel commence dès la première saison.
  2. Jeune adulte, 1 à 4 ans

    • Inspecter le chien après chaque sortie en herbes hautes, de mai à septembre : pattes, oreilles, aisselles, yeux.
    • Faire réaliser la radiographie officielle de dépistage de la dysplasie à partir de 12 mois.
    • Discuter de la vaccination contre la piroplasmose si vous chassez en zone à risque.
    • Alerter sur toute convulsion, même brève.
  3. Adulte, 4 à 9 ans

    • Retirer les tiques dans les 24 heures, c'est le délai qui compte pour la transmission.
    • Surveiller les boiteries, l'arthrose s'installe tôt chez un chien de travail.
    • Faire examiner toute plaie de chasse, même minime : les piqûres d'épines s'infectent en profondeur.
  4. Senior, à partir de 9 ans

    • Bilan sanguin annuel.
    • Contrôle ophtalmologique annuel.
    • Adapter la charge de travail sans supprimer l'activité.

Les signaux qui doivent vous faire consulter

  • Urines très foncées, abattement brutal et fièvre après une sortie : piroplasmose, urgence.
  • Boiterie soudaine avec léchage acharné entre deux doigts : épillet, consultation rapide.
  • Secouements de tête violents et unilatéraux après une sortie en herbes hautes.
  • Éternuements violents en salve : épillet dans le nez.
  • Œil brutalement fermé et larmoyant après une sortie.
  • Plaie, même minime, après une sortie de chasse.
  • Convulsions, même brèves et isolées.
  • Boiterie pendant la croissance.

Cette liste ne remplace pas un examen vétérinaire. En cas de doute, l'appel à votre clinique coûte moins cher qu'une urgence prise trop tard.

Questions fréquentes

L'épagneul breton est-il un chien fragile ?
Non, c'est une race saine et longévive, 12 à 15 ans, préservée par une sélection sur le travail. Ses vrais risques ne sont pas héréditaires mais liés à son activité : épillets, tiques, blessures de terrain.
Qu'est-ce qu'un épillet et pourquoi est-ce dangereux ?
C'est la graine barbue de certaines graminées, en forme de harpon. Elle s'accroche au poil, traverse la peau et migre à l'intérieur du corps sans jamais reculer. Entre deux doigts, dans une oreille, dans le nez ou sous une paupière, elle impose un retrait rapide par un vétérinaire.
Comment protéger un épagneul breton de la piroplasmose ?
Par une protection antiparasitaire externe continue, sans trou entre deux traitements, et en retirant les tiques dans les 24 heures qui suivent leur fixation. Une vaccination existe et se discute avec le vétérinaire si vous chassez en zone à risque.
Faut-il assurer un épagneul breton ?
Oui, en vérifiant un point précis : les accidents survenus pendant la chasse sont-ils couverts ? Plusieurs contrats excluent ou limitent les blessures liées à l'activité cynégétique, ce qui viderait la garantie de son intérêt sur cette race.

Sources et références

Ces organismes documentent les prédispositions de la race et les protocoles de dépistage. Les ordres de grandeur financiers, eux, sont des montants constatés en France et non des tarifs publiés par ces institutions. Notre façon de travailler est décrite sur la page notre méthode .

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