Maladies du yorkshire : les points de fragilité
Rotule, trachée, shunt hépatique, dents : les fragilités du yorkshire terrier âge par âge et les signaux d'alerte.
Publié le
Le yorkshire terrier vit longtemps, souvent quinze ans, et présente un profil de fragilités partagé avec les autres races miniatures : dents, rotules, trachée. À cela s’ajoute une malformation hépatique qui lui est particulièrement associée, et qui change la façon dont il faut l’assurer.
Le foie, la fragilité la plus spécifique
Le shunt porto-systémique est une malformation vasculaire présente dès la naissance.
Normalement, le sang venu de l’intestin traverse le foie, qui filtre les toxines avant de le renvoyer dans la circulation générale. Chez un chien porteur de shunt, un vaisseau anormal court-circuite le foie. Les toxines, dont l’ammoniac, passent directement dans le sang et atteignent le cerveau.
Les signes sont évocateurs quand on les connaît, et passent inaperçus sinon :
- un chiot qui reste plus petit que ses frères et sœurs et prend mal du poids ;
- des vomissements ou une salivation excessive ;
- des troubles neurologiques survenant après les repas : désorientation, chien qui pousse sa tête contre un mur, qui tourne en rond, parfois convulsions ;
- une soif et des urines augmentées.
Le diagnostic associe des analyses sanguines spécifiques et une imagerie avancée. Le traitement est chirurgical dans la plupart des cas, avec de bons résultats quand il est réalisé tôt.
C’est la pathologie qui justifie, à elle seule, d’assurer un yorkshire dès son arrivée.
Les articulations
La luxation de la rotule est très fréquente chez les races miniatures. La rotule quitte sa gouttière, le chien fait quelques foulées sur trois pattes, puis reprend sa marche comme si de rien n’était. Ce retour à la normale la fait banaliser, alors qu’elle installe progressivement de l’arthrose.
La nécrose de la tête fémorale touche le chiot entre 5 et 10 mois. L’os de la hanche se dégrade faute d’irrigation. Le signe est une boiterie postérieure qui s’aggrave, accompagnée d’une fonte musculaire visible de la cuisse. Le traitement chirurgical donne de bons résultats.
La trachée
Le collapsus trachéal correspond à un affaissement des anneaux de cartilage. Le signe est une toux sèche et rauque, comparée à un cri d’oie, déclenchée par l’excitation, l’effort ou la traction d’un collier.
Le geste de prévention est simple, gratuit et immédiat : le harnais, jamais le collier.
Les dents
Comme chez toutes les miniatures, la mâchoire est trop petite pour le nombre de dents. Le tartre s’installe dès 2 ou 3 ans, l’inflammation gagne l’os, les dents se déchaussent.
Chez le jeune, la persistance des dents de lait crée un double rang qui piège les aliments. Il faut retirer les dents de lait restantes, souvent au moment de la stérilisation.
Sur une espérance de vie de seize ans, le brossage régulier introduit chez le chiot est le geste le plus rentable de toute sa vie.
Les yeux et la peau
La kératoconjonctivite sèche correspond à une production de larmes insuffisante : l’œil devient terne, les sécrétions s’épaississent, la cornée s’irrite. Le traitement est un collyre quotidien à vie.
La dermatite allergique se manifeste par un grattage persistant et un léchage des pattes. Elle se gère sur la durée plutôt qu’elle ne se guérit.
Le chiot et l’hypoglycémie
Comme chez le chihuahua, un chiot yorkshire de quelques centaines de grammes n’a presque pas de réserves de glucose. Un repas sauté, un stress ou un froid prolongé peuvent provoquer une chute de glycémie : faiblesse, tremblements, regard vide, puis convulsions.
En attendant le vétérinaire, frotter du miel ou du sirop de glucose sur les gencives permet de gagner du temps. Et un chiot yorkshire ne doit jamais être séparé de sa mère avant huit semaines.
Assurance yorkshire terrier : ce que ces fragilités impliquent
Le yorkshire combine deux profils de risque, et il faut les traiter différemment.
D’un côté, des coûts répétés et modérés sur toute la vie : dentaire, rotules, toux chronique, collyres. Ce n’est pas ce qui met un budget en danger, mais c’est ce qui décide du bon type de franchise.
De l’autre, une exception majeure et précoce : le shunt porto-systémique, qui se déclare généralement avant un an et dont la prise en charge dépasse 3 000 € imagerie comprise.
Cette précocité est le point critique. Beaucoup de propriétaires attendent que le chien soit « installé » avant de souscrire, et passent à côté de la fenêtre exacte où le risque le plus lourd se réalise. S’y ajoute le fait qu’un shunt est une affection congénitale, catégorie fréquemment assortie d’une carence allongée.
Trois vérifications, dans cet ordre :
- Souscrire dès l’arrivée du chiot, sans attendre.
- Vérifier que les affections congénitales sont couvertes, et sous quelle carence. Une carence de 6 mois sur une pathologie qui se déclare à 8 mois laisse une marge très mince. Voir le guide du délai de carence.
- Vérifier l’absence de sous-plafond sur l’imagerie avancée, dont dépend le diagnostic. Voir le guide des exclusions.
Les points de fragilité du yorkshire terrier
Foie
-
Shunt porto-systémique
CritiqueApparition typique : avant 1 an · prise en charge 1 800 à 4 000 €
Articulations
-
Luxation de la rotule
SérieuseApparition typique : 6 mois à 4 ans · prise en charge 800 à 1 600 €
-
Nécrose de la tête fémorale
SérieuseApparition typique : 5 à 10 mois · prise en charge 900 à 1 800 €
Voies respiratoires
-
Collapsus trachéal
SérieuseApparition typique : après 4 ans · prise en charge 400 à 2 500 €
-
Toux chronique et trachéo-bronchite
À surveillerApparition typique : après 5 ans · prise en charge 150 à 500 €
Dents et gueule
-
Maladie parodontale
SérieuseApparition typique : dès 2 ans · prise en charge 300 à 1 000 €
-
Persistance des dents de lait
À surveillerApparition typique : 6 à 8 mois · prise en charge 150 à 400 €
Yeux
-
Kératoconjonctivite sèche
À surveillerApparition typique : après 4 ans · prise en charge 150 à 500 €
Peau
-
Dermatite allergique
À surveillerApparition typique : 1 à 4 ans · prise en charge 250 à 800 €
Métabolisme
-
Hypoglycémie du chiot
CritiqueApparition typique : avant 4 mois · prise en charge 150 à 600 €
Ce qu'il faut surveiller, âge par âge
-
Chiot, 2 à 6 mois
- Fractionner les repas : les réserves de sucre d'un chiot de 400 g s'épuisent en quelques heures.
- Peser régulièrement : un chiot qui ne grandit pas au rythme de sa portée doit être exploré.
- Alerter sur des vomissements ou une désorientation survenant après les repas.
- Souscrire une assurance immédiatement : le shunt se déclare souvent avant un an.
-
Jeune adulte, 1 à 4 ans
- Vérifier que toutes les dents de lait sont tombées, et les faire retirer sinon.
- Surveiller la démarche : quelques foulées sur trois pattes évoquent une luxation de rotule.
- Harnais et jamais de collier, pour préserver la trachée.
- Brosser les dents régulièrement : sur seize ans d'espérance de vie, c'est l'habitude qui décide.
-
Adulte, 4 à 9 ans
- Alerter sur une toux sèche et rauque déclenchée par l'excitation ou l'effort.
- Contrôle dentaire annuel, détartrage dès l'apparition du tartre.
- Surveiller un œil terne ou des sécrétions épaisses, signes de sécheresse oculaire.
-
Senior, à partir de 9 ans
- Bilan sanguin et rénal annuel, puis semestriel après 12 ans.
- Auscultation cardiaque à chaque visite.
- Adapter l'environnement : éviter les sauts depuis les hauteurs, sol non glissant.
Les signaux qui doivent vous faire consulter
- Chiot qui reste petit, vomit ou paraît désorienté après les repas : suspicion de shunt hépatique.
- Faiblesse, tremblements, regard vide chez un chiot : hypoglycémie, urgence immédiate.
- Toux sèche et rauque, comme un cri d'oie, déclenchée par l'excitation.
- Boiterie intermittente avec quelques foulées sur trois pattes.
- Boiterie postérieure progressive chez un chiot de 5 à 10 mois, avec fonte musculaire de la cuisse.
- Mauvaise haleine marquée, gencives rouges, refus de mâcher.
- Œil terne, sécrétions épaisses, clignements fréquents.
- Grattage persistant, léchage des pattes, rougeurs cutanées.
Cette liste ne remplace pas un examen vétérinaire. En cas de doute, l'appel à votre clinique coûte moins cher qu'une urgence prise trop tard.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un shunt porto-systémique ?
Pourquoi mon yorkshire tousse-t-il comme une oie ?
Le yorkshire perd-il ses poils ?
Faut-il assurer un yorkshire ?
Sources et références
- Recommandations internationales de santé bucco-dentaire du chien World Small Animal Veterinary Association · wsava.org (nouvelle fenêtre)
- Épidémiologie des populations canines en clientèle vétérinaire, programme VetCompass Royal Veterinary College · rvc.ac.uk (nouvelle fenêtre)
- Grilles officielles de cotation de la dysplasie et dépistages imposés aux reproducteurs Société Centrale Canine · centrale-canine.fr (nouvelle fenêtre)
- Cadre d'exercice vétérinaire en France et annuaire des praticiens Ordre national des vétérinaires · veterinaire.fr (nouvelle fenêtre)
Ces organismes documentent les prédispositions de la race et les protocoles de dépistage. Les ordres de grandeur financiers, eux, sont des montants constatés en France et non des tarifs publiés par ces institutions. Notre façon de travailler est décrite sur la page notre méthode .
Contenu vérifié le .
Pour aller plus loin
- Le vrai coût Ce que ces fragilités représentent en euros : le budget d'un yorkshire terrier Achat, toilettage professionnel, soins dentaires : le coût réel d'un yorkshire terrier sur toute sa vie.
- Comprendre l'assurance Exclusions assurance chien : ce qui n'est pas couvert Tout ce qu'un contrat ne remboursera jamais, et comment le vérifier avant de signer.
- Comprendre l'assurance Délai de carence assurance chien : durées et pièges La période où vous cotisez sans être couvert, garantie par garantie.