Maladies du chihuahua : les points de fragilité
Dents, rotule, trachée, hypoglycémie : les fragilités du chihuahua âge par âge et les signaux qui doivent faire consulter.
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Le chihuahua est le plus petit chien du monde et l’un des plus résistants : il vit couramment quinze ans, parfois davantage. Ses fragilités ne tiennent pas à une pathologie unique et grave, mais à une série de conséquences mécaniques de la miniaturisation.
Les dents, premier sujet de la race
C’est le motif de consultation le plus fréquent, et c’est structurel.
La sélection a réduit la taille de la mâchoire sans réduire le nombre de dents. Le chihuahua a autant de dents qu’un berger allemand, dans un espace plusieurs fois plus petit. Elles se chevauchent, se serrent, retiennent la plaque, et ne profitent pas de l’auto-nettoyage qu’assure la mastication chez un grand chien.
Le tartre s’installe dès 2 ou 3 ans. L’inflammation gagne la gencive, puis l’os qui tient la dent, et celle-ci se déchausse. Au stade avancé, il faut extraire, sous anesthésie, plusieurs dents à la fois.
Les signes sont discrets et souvent attribués à l’âge : mauvaise haleine marquée, gencives rouges, chien qui mâche d’un seul côté ou hésite devant sa gamelle.
Un point propre au chiot : la persistance des dents de lait. Vers 6 à 8 mois, les dents définitives poussent alors que les dents de lait ne sont pas tombées, créant un double rang qui piège les aliments. Il faut les retirer, souvent au moment de la stérilisation.
Les articulations
La luxation de la rotule est très fréquente chez les races miniatures. La rotule sort de sa gouttière, et le chien fait quelques foulées sur trois pattes avant de reprendre sa marche normale, comme si de rien n’était.
C’est ce retour à la normale qui la fait banaliser. Les grades légers se surveillent, les grades avancés s’opèrent pour éviter l’arthrose.
La nécrose de la tête fémorale touche le chiot entre 5 et 10 mois. L’os de la hanche se dégrade faute d’irrigation, ce qui provoque une boiterie progressive et une fonte musculaire de la cuisse. Le traitement est chirurgical et donne de bons résultats.
La trachée
Le collapsus trachéal correspond à un affaissement des anneaux de cartilage qui maintiennent la trachée ouverte. Le passage de l’air se rétrécit.
Le signe est très caractéristique : une toux sèche et rauque, comparée à un cri d’oie, déclenchée par l’excitation, l’effort, la pression d’un collier ou un changement de température.
Un geste de prévention, simple et gratuit : le harnais, jamais le collier. La traction directe sur une trachée déjà fragile aggrave mécaniquement l’affection.
Le métabolisme du chiot
L’hypoglycémie est la principale urgence du jeune chihuahua, et elle est spécifique à sa taille.
Un chiot de quelques centaines de grammes n’a presque pas de réserves de glucose. Un repas sauté, un stress, un transport, un froid prolongé suffisent à faire chuter sa glycémie. Les signes sont une faiblesse, des tremblements, un regard vide, puis des convulsions.
En attendant le vétérinaire, frotter un peu de miel ou de sirop de glucose sur les gencives permet de gagner du temps. C’est aussi la raison pour laquelle un chiot chihuahua ne doit jamais être séparé de sa mère avant huit semaines.
Le crâne et le système nerveux
La molera est une zone du crâne restée non refermée, comme une fontanelle. Elle persiste à vie chez une partie des chihuahuas, le plus souvent sans conséquence. Elle impose simplement de protéger la tête des chocs.
L’hydrocéphalie correspond à une accumulation de liquide dans les cavités du cerveau. La conformation du crâne en pomme y prédispose. Les formes sévères provoquent une tête anormalement bombée, une désorientation, des déambulations en cercle, des convulsions.
Le cœur et les yeux
Comme la plupart des petites races, le chihuahua développe avec l’âge une dégénérescence de la valve mitrale. Elle arrive plus tard que chez le cavalier king charles, généralement après 8 ou 9 ans, et se traite quotidiennement.
Les yeux proéminents exposent aux ulcères cornéens, qui imposent une consultation dans la journée.
Assurance chihuahua : ce que ces fragilités impliquent
Le chihuahua est la race de ce site où l’arbitrage assurantiel est le moins tranché, et il faut le dire honnêtement plutôt que de recommander par réflexe.
Son profil de risque est fait de coûts moyens et répétés, pas d’une chirurgie unique à 4 000 €. Un teckel a un risque concentré et énorme ; le chihuahua a un risque diffus et modéré.
S’y ajoute un fait gênant : son premier poste, le dentaire, est exclu de la plupart des contrats, ou couvert seulement en cas de fracture accidentelle.
Trois conséquences pratiques :
- Un plafond annuel de 1 500 € suffit généralement. Inutile de payer pour 5 000 €. Voir le guide du plafond annuel.
- La forme de la franchise compte plus que son montant. Un chien qui consulte plusieurs fois par an est exactement le profil que pénalise une franchise par acte, et l’écart annuel dépasse souvent la différence de cotisation entre deux contrats. Le guide de la franchise le chiffre.
- Provisionner le dentaire à part, quelle que soit la formule retenue. Sur quinze ans, c’est le poste le plus lourd et le moins couvert.
Les points de fragilité du chihuahua
Dents et gueule
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Maladie parodontale
SérieuseApparition typique : dès 2 ans · prise en charge 300 à 1 000 €
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Persistance des dents de lait
À surveillerApparition typique : 6 à 8 mois · prise en charge 150 à 400 €
Articulations
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Luxation de la rotule
SérieuseApparition typique : 6 mois à 4 ans · prise en charge 800 à 1 600 €
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Nécrose de la tête fémorale
SérieuseApparition typique : 5 à 10 mois · prise en charge 900 à 1 800 €
Voies respiratoires
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Collapsus trachéal
SérieuseApparition typique : après 4 ans · prise en charge 400 à 2 500 €
Métabolisme
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Hypoglycémie du chiot
CritiqueApparition typique : avant 4 mois · prise en charge 150 à 600 €
Système nerveux
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Hydrocéphalie
CritiqueApparition typique : avant 1 an · prise en charge 800 à 2 500 €
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Molera, fontanelle non refermée
À surveillerApparition typique : persistante à vie chez certains sujets
Cœur
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Cardiopathie valvulaire mitrale
SérieuseApparition typique : après 8 ans · prise en charge 500 à 1 600 €
Yeux
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Ulcère cornéen
SérieuseApparition typique : à tout âge · prise en charge 250 à 1 200 €
Ce qu'il faut surveiller, âge par âge
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Chiot, 2 à 6 mois
- Fractionner les repas : les réserves de sucre d'un chiot de 500 g s'épuisent en quelques heures.
- Reconnaître l'hypoglycémie : faiblesse, tremblements, regard vide. C'est une urgence.
- Vérifier vers 6 à 8 mois que toutes les dents de lait sont tombées.
- Habituer au brossage des dents : chez cette race, c'est le geste préventif le plus rentable de sa vie.
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Jeune adulte, 1 à 4 ans
- Surveiller la démarche : une boiterie de quelques foulées sur trois pattes évoque une luxation de rotule.
- Harnais et jamais de collier, pour préserver la trachée.
- Contrôle dentaire annuel, détartrage dès l'apparition du tartre.
- Contrôler le poids : 300 g de trop sur un chien de 2 kg, c'est 15 % de son poids.
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Adulte, 4 à 9 ans
- Alerter sur une toux sèche et rauque, déclenchée par l'excitation : signe de collapsus trachéal.
- Poursuivre le suivi dentaire, c'est la période où les extractions deviennent nécessaires.
- Auscultation cardiaque à chaque visite annuelle.
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Senior, à partir de 9 ans
- Bilan sanguin et rénal annuel, puis semestriel après 12 ans.
- Suivi cardiaque rapproché dès qu'un souffle est détecté.
- Protéger du froid : la perte de chaleur s'aggrave avec l'âge et la fonte musculaire.
Les signaux qui doivent vous faire consulter
- Faiblesse, tremblements, regard vide chez un chiot : hypoglycémie, urgence immédiate.
- Toux sèche et rauque, comme un cri d'oie, déclenchée par l'excitation ou l'effort.
- Boiterie intermittente avec quelques foulées sur trois pattes, puis retour à la normale.
- Boiterie postérieure progressive chez un chiot de 5 à 10 mois, avec fonte musculaire de la cuisse.
- Mauvaise haleine marquée, gencives rouges, refus de mâcher.
- Tête anormalement bombée, désorientation, tourner en rond, convulsions.
- Toux nocturne, essoufflement ou fatigue à l'effort chez le chien âgé.
- Œil rouge, larmoiement, paupière fermée.
Cette liste ne remplace pas un examen vétérinaire. En cas de doute, l'appel à votre clinique coûte moins cher qu'une urgence prise trop tard.
Questions fréquentes
Pourquoi mon chihuahua tousse-t-il comme une oie ?
Mon chiot chihuahua tremble et semble faible, que faire ?
La fontanelle ouverte de mon chihuahua est-elle dangereuse ?
Comment éviter les problèmes dentaires d'un chihuahua ?
Sources et références
- Recommandations internationales de santé bucco-dentaire du chien World Small Animal Veterinary Association · wsava.org (nouvelle fenêtre)
- Épidémiologie des populations canines en clientèle vétérinaire, programme VetCompass Royal Veterinary College · rvc.ac.uk (nouvelle fenêtre)
- Grilles officielles de cotation de la dysplasie et dépistages imposés aux reproducteurs Société Centrale Canine · centrale-canine.fr (nouvelle fenêtre)
- Cadre d'exercice vétérinaire en France et annuaire des praticiens Ordre national des vétérinaires · veterinaire.fr (nouvelle fenêtre)
Ces organismes documentent les prédispositions de la race et les protocoles de dépistage. Les ordres de grandeur financiers, eux, sont des montants constatés en France et non des tarifs publiés par ces institutions. Notre façon de travailler est décrite sur la page notre méthode .
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Pour aller plus loin
- Le vrai coût Ce que ces fragilités représentent en euros : le budget d'un chihuahua Achat, entretien minimal, dentisterie récurrente : le coût réel d'un chihuahua, du chiot au chien très âgé.
- Comprendre l'assurance Exclusions assurance chien : ce qui n'est pas couvert Tout ce qu'un contrat ne remboursera jamais, et comment le vérifier avant de signer.
- Comprendre l'assurance Franchise assurance chien : annuelle ou par acte ? Les deux formes de franchise, et pourquoi le même chiffre peut coûter dix fois plus.